On se souvient souvent du premier “coup de cœur” de l’enfance, parfois dès la maternelle. À cet âge, les enfants peuvent ressentir une attirance très forte pour un camarade, sans pour autant vivre les choses comme des adultes. Certains parents trouvent ces élans attendrissants, tandis que d’autres s’interrogent sur la rapidité avec laquelle leur enfant s’attache à quelqu’un.
On les voit se tenir la main, s’embrasser sur la joue, se chercher sans cesse et ne plus vouloir se quitter. Mais à partir de quand peut-on vraiment parler de sentiments amoureux ? Le docteur en psychologie Stephan Valentin apporte plusieurs éléments de réponse.
À quel âge apparaît le premier grand amour ?
Un premier grand amour peut surgir dès 6 ou 7 ans. Il se manifeste souvent par une forte attirance, un besoin de proximité et une envie de partager le plus de moments possible avec l’autre enfant. Même en maternelle, les liens peuvent être très intenses, même s’ils restent différents de ceux de l’adolescence ou de l’âge adulte.
Chez les plus petits, ce type d’attachement est généralement spontané, sincère et très centré sur le présent. L’enfant ne se projette pas dans une relation durable au sens adulte du terme : il vit surtout une émotion nouvelle, parfois très puissante, qui lui donne le sentiment d’avoir trouvé une personne “spéciale”.
Pour un enfant, qu’est-ce que l’amour ?
L’amour enfantin ressemble, dans sa structure émotionnelle, à celui des adultes. La grande différence est qu’avant la puberté, la dimension sexuelle n’entre pas en jeu. La relation reste donc surtout affective et romantique : on se fait des attentions, on se tient la main, on échange quelques bisous, on veut être ensemble et se sentir choisi par l’autre.
Cette manière d’aimer n’est pas “moins vraie” parce qu’elle est enfantine. Elle repose sur des émotions réelles, sur le désir de lien et sur la joie de se sentir important pour quelqu’un. Pour l’enfant, c’est souvent une découverte fondatrice.
Ce que le premier amour laisse derrière lui
Il ne faut pas minimiser les émotions des plus jeunes. Sous des dehors parfois attendrissants, elles peuvent être profondes et marquer durablement. Le premier amour compte parce qu’il fait découvrir à l’enfant un nouveau type de relation : pour la première fois, il se tourne davantage vers une autre personne que vers ses parents.
Ce déplacement du centre d’intérêt peut être interprété comme un signe d’autonomie. L’enfant commence à construire une identité relationnelle propre, à sortir du seul cadre familial et à explorer l’attachement sous une autre forme. Même si cette étape semble anodine, elle participe à son développement affectif.
Un sujet délicat pour les parents
Pour les parents, ce passage peut être à la fois amusant et déstabilisant. Les enfants ont déjà leurs petits secrets et ne racontent pas toujours tout. Ils peuvent vouloir garder leur premier amour pour eux, comme s’il s’agissait d’un monde intime qui ne regarde personne d’autre.
La meilleure attitude consiste à accueillir ce qu’il vit sans ironie ni dramatisation. Montrez-lui que vous trouvez cela normal, que vous êtes content pour lui s’il aime une fille ou un garçon, et que ses émotions sont prises au sérieux. Il est naturel de ressentir une pointe de jalousie lorsqu’il passe moins de temps avec vous, mais il est utile de rappeler que l’enfant construit aussi ses propres modèles affectifs en observant ses parents.
L’essentiel est de ne pas transformer cette première histoire en sujet de moquerie ou de contrôle. L’enfant a besoin de sentir qu’il peut parler librement de ce qu’il ressent, sans être jugé.
Pourquoi il faut rester attentif à l’exclusivité
Il n’y a pas lieu de s’alarmer si deux enfants sont très proches et heureux de partager beaucoup de choses. En revanche, il faut rester vigilant si cette relation les coupe du reste du monde. Lorsqu’un duo se referme complètement sur lui-même, il est utile d’intervenir avec douceur pour préserver l’équilibre social de l’enfant.
Encouragez-le à continuer de voir ses autres amis, à participer aux activités du groupe et à ne pas abandonner ses liens amicaux au profit d’un seul camarade. Il peut tout à fait passer du temps avec son ou sa petit(e) ami(e) tout en gardant des relations saines avec les autres enfants. Cette idée est importante : aimer quelqu’un ne signifie pas se couper de tout le reste.
Quand le chagrin d’amour arrive aussi tôt
Oui, même les enfants peuvent connaître un chagrin d’amour. La peine est réelle, même si elle peut sembler disproportionnée aux yeux d’un adulte. Pour l’enfant, cette expérience est souvent la première confrontation à la perte affective et à l’idée qu’on ne remplace pas facilement quelqu’un qu’on aime.
Dans ces moments-là, mieux vaut éviter les questions insistantes. Montrez-lui simplement que vous êtes disponible, que vous l’écoutez et qu’il peut venir vous parler s’il le souhaite. S’il préfère rester seul un moment, respectez aussi ce besoin. Comme souvent dans les peines de cœur, le temps reste le meilleur allié.
Et si votre enfant ne s’intéresse pas à l’amour ?
Tous les enfants ne vivent pas ces élans au même moment, ni avec la même intensité. Si votre enfant ne souhaite pas avoir d’amoureux ou d’amoureuse, cela n’a rien d’anormal. On ne peut ni forcer un sentiment amoureux ni le provoquer artificiellement. Il est possible qu’il n’ait pas encore rencontré la personne qui l’attire vraiment, ou tout simplement qu’il ne ressente pas ce besoin à cet instant.
Il est important de ne lui mettre aucune pression. L’amour dépend aussi du hasard des rencontres et du rythme de chacun. Lorsqu’il sera prêt, il avancera naturellement. Mieux vaut lui faire confiance que l’inciter à entrer dans une relation pour correspondre à une attente extérieure.
Pour aller plus loin sur les questions d’éducation, un congrès Innovation en éducation est annoncé à Montpellier les 23 et 24 février.
¡Síguenos en Facebook para recibir nuevas publicaciones!
Seguir en FacebookUltimas Entradas Publicadas

¿Qué castillos visitar durante tus vacaciones en la Costa Azul?

Con sus adolescentes, ¿vivir o sobrevivir?

¿El castillo de Angers, un monumento a la gloria de los Plantagenet?

Piezas sueltas: la pedagogía creativa

Los peinados de Marie-Antoinette: el arte de la extravagancia

El gran libro de la psicología positiva de Guila Clara Kessous y Bruno Adler

Cómo detectar la disortografía (signos, diagnóstico)

Los animales en el corazón de la educación

¿Por qué la semana laboral tiene 5 días?


